SOMMETS DE L’EAU, 2022, 2023 : plaidoyer pour un sursaut mondial.

L’eau, inappréciable bienfait trop souvent considéré comme                 « coulant de source », mais qui se révèle l’un des fléaux majeurs du globe lorsque les éléments se déchaînent.
Quelques éléments, au plan international et régional, d’un dossier complexe aux dimensions planétaires.

** Au plan politique global.

« L’eau est l’enjeu social et économique majeur du XXIè siècle. Le monde est confronté à deux grands défis : fournir un accès universel à l’eau potable et à l’assainissement, alors que des milliards de personnes sont toujours privées de ce droit humain fondamental ; en assurer une gestion durable, équitable et inclusive, alors que les ressources connaissent des problèmes multiples : pollution, surexploitation, destruction des écosystèmes etc. (sécheresses …). La concurrence exercée sur ces ressources, de plus en plus dégradées, est une menace pour la paix ».

Coalition eau, Collectif de 7 réseaux associatifs de l’eau et de l’assainissement, mars 2022 : contact@coalition-eau.org.

FORUM MONDIAL DE L’EAU, Dakar, mars 2022

850 organisations de la société civile plaident pour un « sursaut politique mondial » à l’issue de cet événement qui n’a pas atteint les objectifs souhaités.
Or, en l’absence de mécanismes intergouvernementaux sur les enjeux de l’eau au niveau international, les forums mondiaux constituent actuellement les seuls espaces d’échanges multi-acteurs.

En conséquence, Coalition Eau et ses 7 réseaux partenaires demandent la création d’un comité intergouvernemental permanent dédié à l’eau, au niveau de l’ONU, et préconisent des changements majeurs indispensables : volonté plus forte de la part des États; gouvernance renforcée, l’eau étant un bien commun à gérer de façon démocratique et durable; implication active des citoyens et de la société civile; engagements financiers forts et transparents, afin de quadrupler les investissements annuels d’ici 2030; cadre multilatéral renouvelé, pour un engagement de toute la communauté internationale.
En résumé, UN SURSAUT S’IMPOSE D’URGENCE en prévision de la conférence intergouvernementale sur l’eau que les Nations Unies organiseront à New York en mars 2023. (« Jeune Afrique », 10.08.2022).

** Au plan social, international et local, sur le terrain et à la source.

Quelques exemples parmi beaucoup d’autres à travers le monde :

– « L’eau de pluie : une ressource au service d’un droit humain »
L’Alliance internationale pour la gestion de l’eau de pluie, IRHA, mène un vaste projet en la matière dans les pays du Sud tardant à mettre en œuvre des politiques de gestion « à la source ». Une approche systémique en vue de canaliser, collecter et stocker « l’or bleu » si précieux, dont plus d’un million de personnes ont bénéficié en l’espace de 20 ans. Construction de réservoirs de collecte et de latrines, formation de maçons et maçonnes, restauration de mangroves, réhabilitation de zones dites de bas-fond où l’eau de pluie s’accumule, reforestation et lutte anti-érosive à l’aide de plantes indigènes assurant un meilleur maintien des sols. S’y ajoutent la création « d’écoles bleues », de jardins-écoles et l’ouverture de centres de santé.
A terme, l’IRHA compte bâtir une alliance avec d’autres organisations expérimentant, sur tous les continents, des solutions durables de gestion des eaux de pluie.
Contact : secretariat@irha-h2o.org.

A noter toutefois, selon une dépêche ATS/AFP récente, que « l’eau de pluie est partout impropre à la consommation… même en Arctique et sur le plateau tibétain ». Selon une étude de l’Université de Stockholm qui a compilé des données depuis 2010, les niveaux des produits chimiques présents seraient de beaucoup supérieurs aux seuils recommandés.

– A son échelle, la ville de Genève développe un programme consistant à récupérer l’eau de pluie pour l’arrosage des parcs et terrains de football. Selon les cas, il s’agit d’un mélange d’eau de pluie et d’eau du Léman (information SIG, 27.08.22).

– « 400 millions de personnes en Afrique n’ont pas accès à l’eau potable. Même quand il y en a assez, elle reste souvent inaccessible aux populations faute de pompes manuelles solides et de connaissances techniques », soulignait Helvetas début 2022. Son appel « Ensemble, mettons un terme à la pénurie d’eau ! » est illustré par une carte du taux de mortalité élevée relevé dans de nombreux pays – Afrique, Amérique latine et Asie – du fait de l’ingestion d’eau contaminée.

Basée dans le canton de Genève, Helvetas compte parmi les chevilles ouvrières de l’aide multiforme qui s’efforce, à l’Occident, de remédier à la multiplicité des problèmes que l’accès à l’eau potable suscite à travers le monde. Structures innombrables, dont l’importance et les soutiens publics sont très variables – pour autant qu’ils existent – et qui dépendent donc essentiellement des contributions individuelles vitales pour leur fonctionnement. Le changement climatique, se traduisant en manque de pluie et vagues de chaleur, entraîne une raréfaction de l’eau potable dans de nombreuses régions du monde ce qui provoque des décès dûs à des maladies infectieuses telles que le choléra et le typhus.
A contrario, l’usage de l’eau potable signifie l’accès à la santé, à l’éducation et in fine à un revenu, ce qui ouvre la possibilité de surmonter à long terme la pauvreté et la misère grâce à l’ouverture de petits commerces artisanaux, gage d’une appréciable autonomie.

C’est pourquoi Helvetas a notamment agi ces dernières années dans les pays suivants : Mozambique – construction de châteaux d’eau équipés de pompes fonctionnant à l’énergie solaire; Mali – forages d’eau potable alimentés de même; Éthiopie – construction de puits, avec l’aide de la main-d’oeuvre locale.
« Un puits approvisionne jusqu’à 800 personnes en eau potable. Il est synonyme de moins de maladies, baisse de la mortalité infantile et maternelle, perspectives d’avenir pour les enfants qui ont de meilleures chances de terminer leur scolarité. »
UKRAINE – Tout récemment, dans l’ouest du pays, l’approvisionnement en eau a atteint ses limites du fait des milliers de personnes déplacées y ayant trouvé refuge. Helvetas a collaboré avec l’organisation locale Despro et le partenaire suisse Skat pour y réaliser un forage, un autre étant prévu à proximité de Kiev (« Partenaires », no 3/2022).
Helvetas, chemin de Balexert 7-9, 1219 Châtelaine : romandie@helvetas.org.