Contre la criminalisation de la mendicité

Photo : Eric Rosset
A Genève, la mendicité est interdite et érigée en infraction pénale. Pourtant, mendier consiste à solliciter la générosité d'autrui pour obtenir une modeste aide pécunière. La criminalisation de la mendicité constitue une violation de la dignité humaine, qui est protégée par l'article 7 de la Constitution fédérale. Une société respectueuse des droits fondamentaux ne devrait punir une personne uniquement parce qu'elle est pauvre et obligée de demander l'aumône. Mendier n'est pas un choix, mais une question de survie.
L'expérience genevoise a montré que l'interdiction de la mendicité ne sert à rien. Le phénomène n'a pas diminué et son interdiction entraine des coûts considérables pour les contribuables, tant en terme de personnel policier que de frais administratifs et judiciaires. Par conséquent, cette loi n'atteint pas le but escompté et apparait manifestement disproportionnée face à la situation délicate qu'elle souhaite régler .
Abrogeons cette loi à la fois inhumaine, discriminatoire, stigmatisante, inefficace, et coûteuse !
Dossier de presse complet
Remise de la pétition
La pétition demandant l’abrogation de la loi interdisant la mendicité à Genève a recueilli 3400 signatures en quatre mois. Lancée par une vingtaine d’associations et de partis politiques, dont la COTMEC, elle a été remise en avril dernier au secrétariat du Grand Conseil. Premier objectif atteint. Le 20 avril passé, une assemblée nombreuse s’est réunie sous les voûtes de la rue de l’Hôtel de Ville de Genève. En musique et en présence de nombreux représentants du monde politique, associatif et culturel, elle a offciellement remis les 3400 signatures récoltées par la pétition demandant l’abrogation de la loi interdisant la mendicité en vigueur depuis 2008. La campagne de sensibilisation face à cette loi «inhumaine, discriminatoire, stigmatisante ineffcace et coûteuse», pour reprendre les propos d’Alain Bolle, directeur du Centre social protestant (CSP), a ainsi marqué une étape. Et pas des moindres: elle clôture quatre mois d’efforts de communication sur la réalité des Roms à Genève. Période qui a donné lieu à un véritable débat: dans les paroisses genevoises, avec les citoyens, sur la toile. C’est un grand acquis de cette initiative dont l’objectif ne se mesure pas tant au nombre de signatures mais à la présence de la problématique dans l’espace public. Un espace qu’il s’agit de continuer à occuper en attendant que la demande de la pétition soit examinée et que les témoins, dont les directeurs de Caritas Genève et du CSP, soient auditionnés. La suite de l’action dépendra beaucoup des réponses qui seront données par le Grand Conseil. «Il n’est pas exclu que nous lancions une initiative si les députés ne prennent pas en considération l’avis des signataires», conclut l’élu socialiste Sylvain Thévoz.