« L’économie de François ». Le 24 septembre 2022, le pape François a clôturé à Assise cet événement qui , par la forte mobilisation des jeunes et le contenu des interventions, veut faire émerger de nouveaux modèles économiques en accord avec la doctrine sociale de l’Eglise.

** Le ler mai 2019, le pape adressait une lettre aux « jeunes économistes, entrepreneurs et entrepreneuses du monde entier (…) qui se forment et commencent à étudier et pratiquer une économie différente ». Il avait choisi comme lieu de rencontre Assise, la ville de saint François où le Poverello a su à son époque, un XIIè siècle marqué par l’enrichissement des villes, apporter le témoignage de la pauvreté vécue à la suite du Christ.
Du fait de la pandémie, la première édition prévue en mars 2020 avait été reportée en novembre et vécue en ligne, comme celle de 2021. L’édition de 2022, sur place, constitue donc la première du genre.

** A la recherche de modèles économiques plus justes
« Vos universités, vos entreprises, vos organisations sont des
chantiers d’espérance pour construire d’autres façons de
comprendre l’économie et le progrès, combattre la culture du
rebut, donner voix à celui qui n’en a pas, pour proposer
de nouveaux styles de vie » (2019)

** Un pacte pour une économie plus humaine
22-24.9.2022 : entrepreneurs et jeunes économistes de plus de 100 pays ont axé leur réflexion sur les sujets suivants : paix, finance, inégalités, transition énergétique, pauvreté. Ponctuées par de nombreuses prises de parole et témoignages vécus, ces journées se sont conclues par le pacte signé par le pape François et l’ensemble des participants:
« Nous, jeunes économistes, entrepreneurs, créateurs de changement,
appelés ici à Assise depuis le monde entier,
conscients de la responsabilité qui incombe à notre génération,
nous engageons maintenant, individuellement et tous ensemble,
à dédier nos vies à ce que l’économie d’aujourd’hui et de demain
devienne une économie évangélique.
Par conséquent,
. Une économie de paix et non de guerre,
. Qui s’oppose à la prolifération des armes, notamment les plus destructrices,
. Qui prend soin de la création et ne la pille pas,
. Au service de la personne, de la famille et de la vie,
. Respectueuse de chacun.e, et surtout des fragiles et vulnérables,
. Où le soin remplace le rejet et l’indifférence,
. Qui ne laisse personne de côté, pour construire une société où les pierres rejetées par la mentalité dominante deviennent des pierres angulaires,
. Qui reconnaît et protège le travail décent et sûr pour tous, en particulier pour les femmes,
. Où la finance est l’amie et l’alliée de l’économie réelle,
et non contre eux,
. Qui sait valoriser et préserver les cultures et les traditions des peuples, toutes les espèces vivantes et les ressources naturelles de la terre,
. Qui combat la misère sous toutes ses formes, réduit les inégalités et sait dire, avec Jésus et avec François, « heureux les pauvres ».
. Guidée par l’éthique de la personne et ouverte à la transcendance,
. Qui crée de la richesse pour tous,
. Qui génère de la joie et pas seulement du bien-être car le bonheur non partagé est trop peu.
Nous croyons en cette économie. Ce n’est pas une utopie, car nous sommes déjà en train de la construire. Et certains d’entre nous, par des matins particulièrement lumineux, ont déjà entrevu le début de la terre promise ».
Assise, 24 septembre 2022
(KTO mag, 25.09.22)